Peindre le ciel

avec des mots et des pensées

vendredi 9 mai 2008

Voir

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(sculpture Philippe Morel)

Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont,

nous les voyons telles que nous sommes.

Anaïs Nin

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mardi 6 mai 2008

Opinion

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Une opinion n'est choquante que lorsqu'elle est une conviction

Remy de Gourmont 

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mercredi 23 avril 2008

Hommage à Aimé Césaire

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Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »

Aimé Césaire ( 1913 - ) extrait de "Cahier d'un retour en pays natal"

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dimanche 2 mars 2008

LE REFRAIN DU BOUQUETIER

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Fleur le marécage et source le roc:
Ton âme embellit tout ce qu'elle touche.

La chair passe mais ta vie reste, entière,
dans ma poésie de sang et de soie.

Il faut être doux sur toute les choses;
le chacal vaut moins que le papillon.

Tu es un ver qui oeuvre et élabore
et pour ton cocon pousse les mûriers.

Pour te laisser tisser ta soie céleste
la ville a un air tranquille et agreste.

Ver au travail, soudain te voilà vieux;
la douleur du monde enraie tes anneaux !

Sur la mort débouche ton âme nue
qui se fait ailée, aiglonne ou colombe!

La terre, elle; garde tes actes vierges,
ver, mon compagnon, tes soies intouchées.

Vis à l'aube et vis au soleil couchant,
adore le tigre et le corpuscule,
comprends la poulie autant que le muscle!

Épuise tes jours, frère, compagnon,
non dans le divin mais lié a l'humain,
non dans les étoiles mais dans tes mains.

Car la nuit viendra qui te changera
aussitôt en terre, en vent ou en feu.

Laisse pour cela s'amadouer tes portes,
laisse sous leur cintre entrer tous les vents.

Ouvre ton jardin à celui qui passe,
tends au voyageur la fleur de ta vie!

Ne te montre pas dur, ladre, obstiné,
fais-toi fruitadelle, sans crochets ni haies!

Il faut être doux et s'offrir à tous,
pour vivre il n'y a pas d'autre façon

d'être la douceur. S'offrir a autrui
comme les sources s'offrent à la terre.

Ne pas avoir peur. Ne pas réfléchir.
Donner pour recommencer à donner.

Celui-là qui s'offre n'a pas de fin:
il abrite en lui la pulpe divine.

Comme s'offrent sans fin, frère, mon frère,
les eaux des fleuves à la mer !

Que dans ta vue mon chant doré que désires.
Que ton noble vouloir fasse clarté ce que tu vois.
Que ta vie suive cette voie.

Pablo NERUDA

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samedi 15 décembre 2007

Erreur ou vérité

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L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ;

la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.

GANDHI

(peinture Odile de Schwilgué)

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mercredi 25 avril 2007

Promesses

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Les promesses n'engagent

que ceux qui les écoutent.

Henri QUEUILLE

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mardi 17 avril 2007

Roi des vents

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L'extrême limite est ma bannière

sans fraternité ni rencontres

L'extrême limite est mon chant

Me voici mobilisant les fleurs

donnant l'alerte aux arbres

Je déploie les colonnades du ciel

et j'aime, je vis, je nais dans mes paroles

Me voici ameutant les papillons

sous l'étendard du matin

faisant croître les fruits

séjournant avec la pluie dans les nuages et leurs cloches

dans les mers

Et voici que je largue les étoiles

laissant tomber l'ancre

et m'intronisant

Roi des vents.

.

ADONIS - ( Mémoire du vent )

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dimanche 15 avril 2007

Sinon l'enfance ...

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Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?

Plaines - Pentes ... il y avait plus d'ordre ! et tout n'était que règne et confins de lueurs.
Et l'ombre et la lumière était plus près d'être une même chose ... je parle d'une estime ...
Aux lisières le fruit pouvait choir sans que la joie pourrît au rebord de nos lèvres.

Et les hommes remuaient plus d'ombre avec une bouche plus grave,
et les femmes plus de songe avec des bras plus lents.

Saint-John Perse (Eloges - 1911)

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jeudi 5 avril 2007

La bonne place

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Une place pour les rêves ...

mais les rêves à leur place.

Robert DESNOS

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vendredi 30 mars 2007

Haïku

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- nuit d'été -
elle laisse la luciole scintiller
à travers les barreaux de ses doigts.

Gary HOTHAM

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samedi 24 mars 2007

L'inconnu

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Enfonce-toi dans l'inconnu qui creuse

oblige-toi à tournoyer.

René CHAR

( photo Yann Arthus-Bertrand )

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dimanche 25 février 2007

Culte

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Et vers l'ivoire de ta peau
Quand se mûrit le lent cépage
Qu'il soit savane ou fleur d'émaux
Quand l'île verse un long rivage


Et vers le cri toujours plus haut
Donnant du grain au timbre sage
Où le regard n'est plus héros
Où chaque doigt dit son naufrage


Vers le cordage aux grès enfuis
Qu'il soit de sable en vent de nuit
Tout le Hoggar des yeux se plaint


Et dans les corps rivés aux sources
Menant leur toile à la Grande-Ourse
Tout le désir en moi revient


Bernard Flucha

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samedi 17 février 2007

Entendre

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« Ce n’est pas ce que l’on dit qui compte, mais ce qu’on entend »

Philippe DELERM

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dimanche 21 janvier 2007

N'être rien

Semblables_diff_rences___2001___Michel_GILIBERTI
" Semblables différences - 2001 - Michel GILIBERTI "

Je n'étais pas habitué
Au partage des nuits en fond de cour,
Aux confidences des parfums.
J'écoutais ton profil murmurer
Des mots sur tes lèvres
Que le rouge de ta cigarette
Faisait pulser comme une alarme.
Il m'était difficile
Que ce soit facile.
Le vin submergeait mes yeux,
Allumait mon ventre.
Chaque geste était un viol combattu.
Ne pas brusquer ton souffle
Ni même tes élans.
Nous étions à deux doigts de l'étreinte
Quand je t'ai dit "Je dois rentrer."
Dehors un garçon chantait,
Invisible dans les ruelles.
Je pris deux fruits à la branche d'un figuier
Et retrouvai mon lit,
La chaleur de mes draps,
La sueur sur ma peau
Sous mes mains affolées,
La poisse des figues sous le ciel étoilé.
Naître timide
N'être rien.


Tableau et poème : Michel GILIBERTI

(avec l'aimable autorisation de l'artiste)

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mardi 26 décembre 2006

Magie de la nature

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Béant, je regardais du seuil d'une chaumière
De grands sites muets, mobiles et changeants,
Qui, sous de frais glacis d'ambre, d'or et d'argent,
Vivaient un infini d'espace et de lumière.

C'étaient des fleuves blancs, des montagnes mystiques.
Des rocs pâmés de gloire et de solennité,
Des chaos engendrant de leur obscurité
Des éblouissements de forêts élastiques.

Je contemplais, noyé d'extase, oubliant tout,
Lorsqu'ainsi qu'une rose énorme, tout à coup,
La Lune, y surgissant, fleurit ces paysages.

Un tel charme à ce point m'avait donc captivé
Que j'avais bu des yeux, comme un aspect rêvé,
La simple vision du ciel et des nuages !
.

Maurice ROLLINAT

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samedi 22 juillet 2006

ctb

A l'heure ou je dois partir pour des vacances gaies et heureuses, je ne peux m'empècher de penser à cette région en feu ... le Liban    

Je ne veux pas savoir qui a tort ou raison , tout ce que je sais, tout ce que je vois, c'est que des gens souffrent et meurent  ... pour rien !!!    si ce n'est l'immense folie destructrice des hommes, et les innocents de part et d'autre subissent et versent leurs larmes et leurs sang.

De quelles souffrances l'humanité n'est-elle pas affligée

parce qu'elle ne sait pas se réconcilier !

Jean-Paul II

                              

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mercredi 19 juillet 2006

Un jour au lieu d'un songe

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    Faire de son amour un jour au lieu d'un songe

    Se voir le plus possible et s'aimer seulement

    Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge

    Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge

   Vivre à deux et donner son coeur à tout moment.

   Respecter se pensée aussi loin qu'on y plonge

  Faire de son amour un jour au lieu d'un songe

  Et dans cette clarté respirer librement

  Ainsi respirait Laure et chantait son amant

  Vous dont chaque pas touche à la grâce suprème

  C'est vous, la tête en fleur, qu'on croirait sans souci

  C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi

  Et c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème

  Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci

  Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.

                            Alfred de MUSSET                                 

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lundi 17 juillet 2006

Sagesse du Tibet

tibet

Si un problème a une solution, alors il est inutile de s'inquièter

s'il n'en a pas ... s'inquiéter n'y changera rien.

PROVERBE TIBETAIN

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dimanche 9 juillet 2006

Plus grand

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Si je recommençais ma vie,

Je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands 

Parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande

que je n'avais cru, même en rêve.

  G. BERNANOS

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mercredi 5 juillet 2006

Religions

Lorsque les lois d'un état ont cru devoir souffrir plusieurs religions,

il faut qu'elles les obligent à se tolérer entre elles

*

                          Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu

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